Quand journalisme et politique se rencontrent sur twitter

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3 mars 2013 par julieclement

L’Association de la Presse de Madrid est l’une des associations de journalistes espagnoles. Très engagée sur les questions de liberté de la presse et de transparence des gouvernements vis-à-vis de l’information, l’association est aussi très active sur les réseaux sociaux. Elle a notamment organisé un « tweet debate » sur une loi de transparence en février.

apm

L’Asociación de la Prensa de Madrid (APM) est une vieille dame qui a été fondée en 1895. Elle regroupe les professionnels du journalisme madrilènes et a, depuis ses débuts gardé les mêmes objectifs. Elle se propose de défendre les libertés d’expression et de promouvoir un exercice du journalisme en adéquation avec la déontologie de la profession. A l’époque, le pays a un roi, qui gouverne et les organes de presse veulent se protéger d’éventuelles mesures de censure et défendre leurs droits. 118 ans plus tard, le roi a beaucoup moins de pouvoir, et APM est la principale association de journalistes d’Espagne grâce à ses 7.700 membres – selon ses chiffres de 2012. Elle a fondé la Fédération des associations des journalistes d’Espagne (FAPE) qui regroupe les 45 associations de chaque grande ville espagnole. Malgré sa position de numéro un dans la péninsule ibérique, l’APM n’est pas restée figée. Elle a évolué en fonction des changements des médias et des différents supports de l’information.

APM est très présente sur les réseaux sociaux, et en particulier sur Twitter où elle a récemment organisé un débat sur la loi de transparence. Cette loi s’inscrit dans un projet de réformes du gouvernement espagnol pour sortir de la crise et créer de nouveaux emplois. Le gouvernement Rajoy a prévu dans ce contexte de récupérer la confiance de son peuple en renforçant les institutions publiques pour « améliorer la qualité de [la] démocratie ». Les Espagnols peuvent d’ailleurs s’exprimer à ce sujet puisque les ministres les engagent à se faire connaître pour débattre et donner leur avis sur la construction de cette loi. Il faut s’arrêter un moment ici pour rappeler que l’Espagne est l’un des seuls pays européens à ne pas avoir instauré de loi de transparence et d’accès à l’information publique. C’est dans ce contexte qu’AP Madrid a souhaité reprendre le concept de cette loi et organiser aussi un débat sur la toile.

Un tweet débat sur le « journalisme digne »

Intéressée par savoir ce que cette loi aurait comme influence sur le travail des journalistes, APM a organisé un « tuit debate » où chacun pouvait participer grâce au hashtag #tuitsyperiodigno. Un mélange de « tweets » et d’un jeu de mot entre « periodismo » (journalisme) et « dignidad » (dignité). Ce mot dièse montre bien les préoccupations de l’association madrilène : faire un journalisme de qualité, et continuer à l’exercer de la façon la plus digne possible en gardant une certaine indépendance vis-à-vis du pouvoir. Experts des médias et journalistes étaient au rendez-vous le 28 février de onze à 14 heures.

Parmi les conclusions de ce débat on trouve plusieurs points. D’abord, les journalistes ont exprimé le souhait que concernant l’information, cette loi de transparence inclue toutes les organisations publiques et soit supervisée par un organe indépendant du pouvoir. La question de l’indépendance est primordiale dans ces pays d’Europe où la crise se fait sentir plus durement et durablement qu’ailleurs. L’organe chargé de superviser devrait dans ce contexte être une organisation garde-fou, pour prévenir des abus.

Antonio Rubio, directeur du master de Journalisme de l’université Rey Juan Carlos et de San Pablo a affirmé pendant ce débat que les journalistes veulent « la transparence pour tout ce qui est financé avec l’argent public, avec l’argent du contribuable« . Pour autant, ils ont estimé qu’il ne fallait pas tout dévoiler. Ce qui a un rapport avec la sécurité nationale et avec l’intimité des personnes doit être tu. Par ailleurs, tout ce qui concerne les enquêtes journalistiques a également été mis en valeur. Les experts et journalistes ayant participé au débat ont soulevé le fait que les reportages ne devaient pas être réalisés pour des intérêts tierces. En effet, Mar Cabra, journaliste et professeure, estime que « le travail d’enquête » serait renforcé par la loi de transparence et que cela permettrait aux journalistes de « raconter des histoires plus intéressantes » avec plus de données.

L’idée que cette loi de transparence soit votée et validée par les Espagnols est donc valorisée par les journalistes. En se réunissant pour débattre autour d’un projet de loi, APM et ses membres et sympathisants ont montré que le journalisme et la politique peuvent se rejoindre aussi sur les réseaux sociaux. Ce premier débat twitter organisé par l’association madrilène est à l’origine d’une série de discussions qui visent à mettre en valeur les grands enjeux et thématiques du journalisme aujourd’hui. Par ce biais, et avec la participation des twittos, APM se veut un écho de ces analyses et réflexions sur les médias et l’exercice de la profession.

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