La formation journalistique de la Complutense à Madrid

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31 mars 2013 par julieclement

L’actuel département dédié au journalisme de l’Université Complutense de Madrid (UCM) a été refondé en 1986. Spécialisée dans la communication audiovisuelle, et les technologies de l’information, la formation « Periodismo II » offre diverses options pour ses étudiants. Javier Calero, étudiant en cinquième année raconte.

Après tout un cursus dirigé vers le journalisme et les médias, Javier a bientôt terminé ses études. Après une année Erasmus à l’Université Charles de Gaulle de Lille, il est rentré à Madrid finir sa formation. A côté de cette formation universitaire, il s’est spécialisé en Economie grâce à l’UNED, programme de formation à distance, pour se spécialiser dans ce domaine.

Julie Clément / Horizons Médiatiques : Pourrais-tu présenter ta formation ?

Javier Calero : J’étudie à la UCM à la faculté des Sciences de l’Information où on a le choix entre trois différentes grandes options : le journalisme, la communication audiovisuelle, et la publicité et les relations publiques. Dans le premier cycle, c’est à dire ce qui correspond en France à la licence, ces trois grandes thématiques forment la majorité des cours. La « licenciatura » de journalisme de cette université a été faite comme ça pour que les élèves puissent acquérir le plus de connaissances dans différents domaines. En fait, cela a été fait pour qu’on soit capable d’avoir un bon niveau de culture générale. C’est seulement dans le second cycle, le master en France, qu’on se spécialise. Soit en journalisme, soit dans les autres options qu’offre la faculté des Sciences de l’Information.

J.C./ HM : Quels sont les contenus de tes cours ?

Javier Calero : Pendant la licence, les matières se divisent en deux grands groupes. D’un côté la culture générale, comme l’histoire du XXè siècle, économie, sociologie, droit, espagnol… Et de l’autre, des matières spécifiques, tournées vers les médias : théories de l’information-communication, documentation, information audiovisuelle, rédaction, et quelques notions de publicité pour parfaire la culture générale. On peut également compléter tout ça par des options qui correspondent plus à nos préférences et nos idées sur les thématiques qui nous intéressent le plus. Pour ma part j’ai opté pour des matières en rapport aux Sciences politiques et à la sociologie, car je voudrais me spécialiser dans ces domaines plus économiques.

Pendant le cursus du master, les quatrième et cinquième années, on s’éloigne un peu de toute la théorie qu’on a apprise pour la compléter avec des matières plus en rapport avec les médias. Là je suis en dernière année et j’ai encore quelques matières théoriques comme éthique du journalisme ou Relation extérieures… On a aussi des cours pratiques comme de la rédaction et ce qu’on appelle « journalisme d’investigation ».

J.C./ HM : Quel est, dans cette formation, votre rapport aux « nouvelles pratiques journalistiques » ?

Javier Calero : En fait, les salles de cours ne sont pas tellement adaptées au nombre d’élève qui viennent tous les jours suivre les cours. Mes études en pâtissent un peu, et la formation aussi à mon avis d’ailleurs. J’ai seulement eu accès à des cours de radio et de télévision pendant les cours de licence car j’ai participé à un programme pour enregistrer des émissions radios. Ca nous force un peu à nous investir dans ces projets à l’université. Mais en ce qui concerne les nouvelles pratiques journalistiques, j’ai seulement eu accès à quelques notions sur les technologies de l’information, lors de mon année d’Erasmus en France…

J.C./ HM : Peux-tu nous parler des différentes spécialités de ta formation ?

Javier Calero : La spécialité dépend du but de l’étudiant. Elle dépend des options qu’il a choisi et de vers quoi il se dirige. Pour ma part je suis aussi des cours en Sciences politiques pour parfaire ma connaissance de ce domaine. En tous cas, le domaine de spécialité choisi ne sert pas tellement pour accéder au monde du travail. Par exemple, j’étudie l’économie parce que j’aimerais m’orienter vers ces sujets là, mais avec la situation du journalisme aujourd’hui je ne crois pas que j’aurais vraiment le choix. Je prendrai ce qu’on voudra bien me donner.

J.C./ HM : Connais-tu d’autres formations en journalisme à Madrid, ou en Espagne ? Pourquoi avoir choisi celle de la UCM ?

Javier Calero : J’ai choisi celle de la UCM parce que c’est l’une des plus réputées d’Espagne, et la grande majorité des professionnels reconnus sortent de cette formation. Il y a aussi celle de l’Université Carlos III ou de la faculté Rey Juan Carlos à Madrid, plus denses que la mienne. Elles présentent des technologies plus modernes, avec des accès plus faciles aux nouvelles techniques du journalisme et proposent plutôt des doubles diplômes : Journalisme et Communication audiovisuelle, Journalisme et Droit, Journalisme et Economie. Dans mon cas, ça m’aurait peut être intéressé d’opter pour l’une de ces deux universités, car je voudrais me spécialiser en économie, mais la UCM a plus de prestige en Espagne, et vis-à-vis de l’étranger aussi.

Complutense Madrid

J.C./ HM : Quels sont tes projets après avoir eu ton diplôme à la fin de l’année ?

Javier Calero : Difficile de le dire pour l’instant. Peut être continuer à étudier l’économie pendant que j’améliore mon anglais à l’étranger, ou bien retourner en France et m’y spécialiser. Plus tard, j’essayerai de trouver quelque chose en relation avec les études que j’ai faites en Espagne. Pour le moment, je profite de mon investissement dans Amnesty International pour faire des stages. Grâce à ça, je dénonce les abus et les violations des Droits de l’Homme à Madrid à travers différents blogs. Je pourrais d’ailleurs très bien orienter ma carrière professionnelle dans cette direction aussi.

J.C./ HM : Comment vois-tu ton avenir professionnel ici, tu penses rester travailler en Espagne ?

Javier Calero : Non, je voudrais chercher quelque chose hors d’Espagne. La précarité du travail est très forte dans le journalisme ici où il y a des plans de licenciements massifs. Les journalistes professionnels sont remplacés par des stagiaires comme moi, qui peuvent travailler pour un temps indéfini et à moins de 400 euros par mois. Ce qui attend les jeunes journalistes est « vagabonder » entre différents médias, avec des contrats de six moins tout au plus si on a de la chance. L’exil professionnel paraît plus facile pour les prochaines années étant donné la situation délicate du journalisme espagnol.

J.C./ HM : Penses-tu que la crise a un réel effet sur les médias à Madrid ?

Javier Calero : Pour décrire la situation en quelques mots, on peut parle du cas El País, principal journal d’information espagnol qui a souffert d’un plan de licenciement massif il y a à peine quelques mois. 129 journalistes ont été licenciés, même les journalistes historiques de ce journal qui est le journal espagnol le plus international que nous avons eu depuis trente ans. Le vieux modèle de gestion des médias est en train de vivre ses derniers moments. Les grandes entreprises qui gèrent leur propre média et qui font un journalisme engagé politiquement parlant sont en voie de disparition à cause de cette situation économique terrible. Le principal groupe des « temps modernes », Prisa, le propriétaire d‘El País, est un pantin du groupe Liberty, un fond d’investissement américain. Il domine complètement le secteur de la communication en langue hispanique… De nouveaux journaux ou sites webs, administrés en grande majorité par des journalistes licenciés des médias traditionnels font leur apparition. Ces journalistes fondent leurs propres coopératives dans l’espoir d’exercer un journalisme plus indépendants et éloignés des intérêts commerciaux des grands groupes de presse.

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